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Les radicaux : défenseurs et bâtisseurs de la IIIe République
Sous la IIIe République, les radicaux, initialement unis sous la direction de Gambetta pour combattre l’Ordre moral et le régime autoritaire du maréchal Mac-Mahon, se divisent après 1880, lorsque la République devient la propriété des républicains. Georges Clemenceau incarne alors la branche de gauche du mouvement, tandis que Jules Ferry et Gambetta se rapprochent du centre, adoptant une posture plus pragmatique, qualifiée d'« opportuniste ».
Jusqu'en 1902, les radicaux, bien qu’ils s’allient fréquemment aux gouvernements de « défense républicaine » pour contrer des menaces telles que le boulangisme et la montée du nationalisme, restent plus souvent dans l’opposition que dans les arcanes du pouvoir. Cette dynamique persiste même après des événements marquants comme le scandale de Panama ou l'agitation de l’extrême droite liée à l’affaire Dreyfus.
Cependant, l’esprit radical imprègne largement les grandes réformes qui façonnent la démocratie de cette période. Ils sont à l’origine de lois fondamentales telles que celles de 1881 sur la liberté de la presse, de 1884 sur l’organisation des conseils municipaux et la légalisation des syndicats, ainsi que les lois établissant l’enseignement primaire gratuit, laïque et obligatoire. Ils jouent aussi un rôle décisif dans la révision de la Constitution de 1875 et la promulgation de la loi sur les associations, structurant ainsi la vie politique et sociale de la France.
En 1901, sous l’impulsion de Léon Bourgeois, figure éminente et respectée, homme politique audacieux qui, cinq ans plus tôt, en tant que Président du Conseil, avait tenté sans succès de faire adopter par le Parlement un impôt progressif sur le revenu, les radicaux décident de s’unir pour fédérer leurs différentes tendances. Leur objectif : se structurer efficacement afin de remporter les élections législatives de 1902, cruciales dans une France divisée entre le « bloc des gauches » et le « bloc des droites ». C’est ainsi que naît le Parti républicain, radical et radical-socialiste, qui jouera un rôle central dans la vie politique française pendant les quarante années suivantes.